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Vue aérienne d'une intersection urbaine dans laquelle interagissent des véhicules autonomes.
Vue aérienne d'une intersection urbaine dans laquelle interagissent des véhicules autonomes.
Je pense que pour les voitures particulières, c'est dans les grandes mégapoles que leur intérêt sera le plus fort.

15 mars 2022

Lorsqu'il s'agit de véhicules autonomes, la sécurité est la principale préoccupation des personnes. Les premiers cas d'utilisation de cette technologie dans les robotaxis urbains et les bus sans conducteur permettent d'identifier les problèmes de sécurité et les aspects financiers qui doivent être résolus avant l'introduction de l'autonomie. 

 

Dans cette deuxième partie d'une série de trois entretiens, Ralf Klädtke, expert du secteur qui a précédemment occupé le poste de directeur technique chez TE Transportation Solutions, explore l'aspect humain de la conduite autonome, notamment les questions de confiance liées à l'IA. Ralf Klädtke a pu observer l'adoption précoce de cette technologie.

Écoutez l'entretien

12:43

Découvrez comment les technologies de conception des voitures autonomes font évoluer la notion de performance. (Anglais)

1

Où les véhicules autonomes seront-ils utilisés en premier lieu - dans les villes, à la campagne ou en banlieue?

Je pense que nous devons à nouveau parler des voitures particulières et des véhicules utilitaires. Je pense que pour les voitures particulières, c'est dans les grandes mégapoles que leur intérêt sera le plus fort. Si nous parvenons à bloquer le centre-ville et à y faire circuler des robotaxis, nous bénéficierons alors d'une mobilité partagée, d'un grand plaisir d'utilisation, et cela représentera un atout considérable. Je vois ensuite un autre atout pour les voitures particulières et les camions sur les autoroutes, car ici, les zones sont généralement bien délimitées. Les camions autonomes et les réseaux de fret seront donc les premiers concernés. Cela représente un avantage considérable. Les voitures particulières seront ensuite équipées d'un autopilote pour autoroute.

 

Là encore, je pense que le seul obstacle reste la responsabilité. La question clé est de savoir si la responsabilité incombe au conducteur ou au constructeur automobile. Je pense qu'après les mégapoles ou certaines zones réglementées, si l'on prend l'exemple des centres-villes, les navettes circulant à faible vitesse inspirent confiance aux gens, qui se sentent en sécurité. Je pense que le prochain niveau d'application et d'intérêt concernera les zones rurales. C'est la prochaine étape, selon moi. Trafic mixte, vitesse élevée, conditions météorologiques variables. Je pense qu'il reste beaucoup de chemin à parcourir avant que nous nous sentions en sécurité dans ce domaine, et il y a aussi un aspect financier à prendre en compte.    

 

 

2

Comment les humains apprendront-ils à accepter l'autonomie des véhicules?

Je pense que si vous regardez à travers le monde, cela varie beaucoup selon l'endroit où vous vous trouvez. Nous constatons une ouverture à la technologie dans le groupe Asie-Pacifique, où les gens s'adaptent beaucoup plus rapidement aux nouvelles technologies et y sont plus ouverts. Mais en général, je pense que 70 % des personnes interrogées affirment que la technologie rend le monde meilleur. C'est donc un point positif. Mais lorsqu'il s'agit de la conduite autonome, plus de 60 % des personnes interrogées ne lui font pas confiance. Nous aimons donc la technologie, mais nous ne lui faisons pas encore confiance. Il est donc important, lorsque nous nous lançons dans l'aventure des véhicules autonomes, de donner la priorité à la sécurité et d'avancer pas à pas. Ainsi, si vous discutez avec quelqu'un, si vous disposez d'une navette autonome à l'aéroport, les gens monteront à bord et lui feront confiance pour les conduire au terminal suivant. Pas de problème. Si nous avons une zone restreinte, une ligne autonome dédiée, les gens lui feront confiance. Je pense que c'est à nous de créer un environnement où la conduite autonome fonctionne, où nous pouvons nous assurer qu'elle est exploitée en toute sécurité, et ensuite, les véhicules autonomes pourront être déployés. 

 

 

3

L'intelligence artificielle est-elle suffisamment intelligente pour que les gens aient confiance dans les véhicules autonomes ? 

J'ai donc essayé de parler à l'intelligence artificielle. Si vous souhaitez avoir une discussion intelligente et éclairée avec une IA, vous aurez beaucoup de surprises. Je pense que si vous comparez le QI d'une IA actuelle à celui d'un morceau de pain grillé, ils sont à peu près au même niveau. 

 

L'intelligence artificielle est un dispositif d'apprentissage automatique. Elle est donc très performante dans l'analyse d'images, de photos, d'objets, dans le calcul de distances et dans le traitement rapide des données afin de garantir la sécurité des opérations. Elle est très performante dans ce domaine. Mais elle doit être entraînée à toutes sortes de scénarios. Le cerveau humain, lui, est capable de gérer des scénarios que vous ne connaissez pas à l'avance. Donc, dans certains cas, si la navette circule en centre-ville et qu'il n'y a qu'une seule voie et que sur cette voie, alors une voiture est garée pour acheter un journal. Si quelqu'un se gare en double file. Avec la ligne blanche, n'importe quel conducteur humain la franchirait pour contourner cette voiture, mais un véhicule autonome s'arrêterait et resterait immobile. Le véhicule autonome n'enfreindra jamais la règle. Il sera sûr. Ce sont donc des scénarios que vous ne pouvez pas programmer pour des situations où le cerveau humain se dit : « D'accord, il n'y a aucun risque à dépasser cette voiture. Je vais peut-être enfreindre cette règle, mais je vais conduire prudemment. » Il existe une multitude de scénarios pour lesquels vous ne pouvez pas entraîner les véhicule autonomes, mais c'est quelque chose qui va évoluer. L'intelligence artificielle va s'améliorer, les voitures seront entraînées et nous emprunterons ainsi une voie sûre.  

 

 

4

Comment pourrait-on introduire les véhicules autonomes à grande échelle ?

Je pense que si nous avons ces mégapoles, ces cercles intérieurs, ces zones réglementées, ces voies contrôlées, nous dirons que cela est réservé aux véhicules autonomes. Cela nous permettra à tous de faire un grand pas en avant. Un autre élément qui viendra appuyer cette évolution est le V2X (Vehicle to Everything), qui permettra une communication 5G entre les véhicules, les infrastructures et tout le reste. Vous verrez alors de plus en plus de véhicules, en particulier les véhicules autonomes, indiquer leur trajectoire. Une autre voiture saura déjà à quelle vitesse et quel itinéraire vous allez emprunter avant même de vous voir, avant même qu'un capteur ne puisse vous détecter. La fluidité du trafic, en particulier lorsque le trafic autonome sera de plus en plus répandu, s'améliorera continuellement. e pense toutefois que la bonne approche consiste à avancer à petits pas, en créant des zones réservées au trafic autonome. Il ne faut pas mélanger les types de trafic lorsque cela est possible et privilégier les conditions météorologiques contrôlées afin de donner à tous les humains le sentiment que la conduite autonome a désormais atteint un niveau de maturité suffisant pour fonctionner en toute sécurité et que nous sommes en bonne voie pour atteindre notre objectif de zéro décès.  

 

 

5

Pensez-vous que les véhicules autonomes permettront à terme d'améliorer la sécurité routière et d'atteindre l'objectif « zéro accident mortel » ?

Je pense que si nous regardons où nous en sommes aujourd'hui, nous constatons que 1,3 million de personnes meurent chaque année dans des accidents de la route à l'échelle mondiale. Pour moi, ce chiffre est tout à fait inacceptable. Les gouvernements se sont donc engagés dans la mission « zéro accident mortel ». La conduite autonome de niveau 2+ dont nous avons parlé pour les voitures particulières comprend des capteurs supplémentaires pour une meilleure détection. Le conducteur humain sera aidé à rester dans sa voie, à freiner en cas d'urgence et à voir des objets que l'œil humain pourrait ne pas remarquer. Ou encore, lorsque le conducteur est fatigué ou s'endort, des mesures de sécurité supplémentaires seront activées. Cela permettra déjà de réduire considérablement les risques sur les voitures particulières. Il en va de même pour les chauffeurs de camion dans les villes. Lorsqu'un camion tourne au coin d'une rue et qu'un cycliste se trouve dans une zone qui n'est pas visible pour le conducteur. Les capteurs apporteront leur aide et pourront réagir, déclencher un freinage d'urgence et sauver de nombreuses vies. C'est pourquoi la technologie de conduite autonome, même si le chemin vers l'autonomie est encore long, nous mène vers l'objectif de zéro décès dans la mesure du possible. Il s'agit donc d'un facteur de différenciation très important qui permettra de sauver de nombreuses vies. 

 

 

Avez-vous apprécié cet entretien ? Lire l'article de référence.
Un ingénieur fait fonctionner des cobots dans une usine.
Une progression plus lente - mais plus sûre - vers les véhicules autonomes

Dans la course aux véhicules autonomes, il est inutile de savoir quel type de véhicule l'emporte (voitures particulières, camions de flotte ou robotaxis). Ce qui compte, c'est que nous adoptions, en tant qu'industrie, une approche holistique du développement de l'autonomie qui tienne compte de la durabilité et de la sécurité routière dans une optique zéro décès.

Atteindre le cinquième niveau d'automatisation dans les voitures implique de relever des défis qui n'avaient pas été envisagés au départ. Découvrez-les.
Vue aérienne d'une intersection urbaine dans laquelle interagissent des véhicules autonomes.
Vue aérienne d'une intersection urbaine dans laquelle interagissent des véhicules autonomes.
Je pense que pour les voitures particulières, c'est dans les grandes mégapoles que leur intérêt sera le plus fort.

15 mars 2022

Lorsqu'il s'agit de véhicules autonomes, la sécurité est la principale préoccupation des personnes. Les premiers cas d'utilisation de cette technologie dans les robotaxis urbains et les bus sans conducteur permettent d'identifier les problèmes de sécurité et les aspects financiers qui doivent être résolus avant l'introduction de l'autonomie. 

 

Dans cette deuxième partie d'une série de trois entretiens, Ralf Klädtke, expert du secteur qui a précédemment occupé le poste de directeur technique chez TE Transportation Solutions, explore l'aspect humain de la conduite autonome, notamment les questions de confiance liées à l'IA. Ralf Klädtke a pu observer l'adoption précoce de cette technologie.

Écoutez l'entretien

12:43

Découvrez comment les technologies de conception des voitures autonomes font évoluer la notion de performance. (Anglais)

1

Où les véhicules autonomes seront-ils utilisés en premier lieu - dans les villes, à la campagne ou en banlieue?

Je pense que nous devons à nouveau parler des voitures particulières et des véhicules utilitaires. Je pense que pour les voitures particulières, c'est dans les grandes mégapoles que leur intérêt sera le plus fort. Si nous parvenons à bloquer le centre-ville et à y faire circuler des robotaxis, nous bénéficierons alors d'une mobilité partagée, d'un grand plaisir d'utilisation, et cela représentera un atout considérable. Je vois ensuite un autre atout pour les voitures particulières et les camions sur les autoroutes, car ici, les zones sont généralement bien délimitées. Les camions autonomes et les réseaux de fret seront donc les premiers concernés. Cela représente un avantage considérable. Les voitures particulières seront ensuite équipées d'un autopilote pour autoroute.

 

Là encore, je pense que le seul obstacle reste la responsabilité. La question clé est de savoir si la responsabilité incombe au conducteur ou au constructeur automobile. Je pense qu'après les mégapoles ou certaines zones réglementées, si l'on prend l'exemple des centres-villes, les navettes circulant à faible vitesse inspirent confiance aux gens, qui se sentent en sécurité. Je pense que le prochain niveau d'application et d'intérêt concernera les zones rurales. C'est la prochaine étape, selon moi. Trafic mixte, vitesse élevée, conditions météorologiques variables. Je pense qu'il reste beaucoup de chemin à parcourir avant que nous nous sentions en sécurité dans ce domaine, et il y a aussi un aspect financier à prendre en compte.    

 

 

2

Comment les humains apprendront-ils à accepter l'autonomie des véhicules?

Je pense que si vous regardez à travers le monde, cela varie beaucoup selon l'endroit où vous vous trouvez. Nous constatons une ouverture à la technologie dans le groupe Asie-Pacifique, où les gens s'adaptent beaucoup plus rapidement aux nouvelles technologies et y sont plus ouverts. Mais en général, je pense que 70 % des personnes interrogées affirment que la technologie rend le monde meilleur. C'est donc un point positif. Mais lorsqu'il s'agit de la conduite autonome, plus de 60 % des personnes interrogées ne lui font pas confiance. Nous aimons donc la technologie, mais nous ne lui faisons pas encore confiance. Il est donc important, lorsque nous nous lançons dans l'aventure des véhicules autonomes, de donner la priorité à la sécurité et d'avancer pas à pas. Ainsi, si vous discutez avec quelqu'un, si vous disposez d'une navette autonome à l'aéroport, les gens monteront à bord et lui feront confiance pour les conduire au terminal suivant. Pas de problème. Si nous avons une zone restreinte, une ligne autonome dédiée, les gens lui feront confiance. Je pense que c'est à nous de créer un environnement où la conduite autonome fonctionne, où nous pouvons nous assurer qu'elle est exploitée en toute sécurité, et ensuite, les véhicules autonomes pourront être déployés. 

 

 

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L'intelligence artificielle est-elle suffisamment intelligente pour que les gens aient confiance dans les véhicules autonomes ? 

J'ai donc essayé de parler à l'intelligence artificielle. Si vous souhaitez avoir une discussion intelligente et éclairée avec une IA, vous aurez beaucoup de surprises. Je pense que si vous comparez le QI d'une IA actuelle à celui d'un morceau de pain grillé, ils sont à peu près au même niveau. 

 

L'intelligence artificielle est un dispositif d'apprentissage automatique. Elle est donc très performante dans l'analyse d'images, de photos, d'objets, dans le calcul de distances et dans le traitement rapide des données afin de garantir la sécurité des opérations. Elle est très performante dans ce domaine. Mais elle doit être entraînée à toutes sortes de scénarios. Le cerveau humain, lui, est capable de gérer des scénarios que vous ne connaissez pas à l'avance. Donc, dans certains cas, si la navette circule en centre-ville et qu'il n'y a qu'une seule voie et que sur cette voie, alors une voiture est garée pour acheter un journal. Si quelqu'un se gare en double file. Avec la ligne blanche, n'importe quel conducteur humain la franchirait pour contourner cette voiture, mais un véhicule autonome s'arrêterait et resterait immobile. Le véhicule autonome n'enfreindra jamais la règle. Il sera sûr. Ce sont donc des scénarios que vous ne pouvez pas programmer pour des situations où le cerveau humain se dit : « D'accord, il n'y a aucun risque à dépasser cette voiture. Je vais peut-être enfreindre cette règle, mais je vais conduire prudemment. » Il existe une multitude de scénarios pour lesquels vous ne pouvez pas entraîner les véhicule autonomes, mais c'est quelque chose qui va évoluer. L'intelligence artificielle va s'améliorer, les voitures seront entraînées et nous emprunterons ainsi une voie sûre.  

 

 

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Comment pourrait-on introduire les véhicules autonomes à grande échelle ?

Je pense que si nous avons ces mégapoles, ces cercles intérieurs, ces zones réglementées, ces voies contrôlées, nous dirons que cela est réservé aux véhicules autonomes. Cela nous permettra à tous de faire un grand pas en avant. Un autre élément qui viendra appuyer cette évolution est le V2X (Vehicle to Everything), qui permettra une communication 5G entre les véhicules, les infrastructures et tout le reste. Vous verrez alors de plus en plus de véhicules, en particulier les véhicules autonomes, indiquer leur trajectoire. Une autre voiture saura déjà à quelle vitesse et quel itinéraire vous allez emprunter avant même de vous voir, avant même qu'un capteur ne puisse vous détecter. La fluidité du trafic, en particulier lorsque le trafic autonome sera de plus en plus répandu, s'améliorera continuellement. e pense toutefois que la bonne approche consiste à avancer à petits pas, en créant des zones réservées au trafic autonome. Il ne faut pas mélanger les types de trafic lorsque cela est possible et privilégier les conditions météorologiques contrôlées afin de donner à tous les humains le sentiment que la conduite autonome a désormais atteint un niveau de maturité suffisant pour fonctionner en toute sécurité et que nous sommes en bonne voie pour atteindre notre objectif de zéro décès.  

 

 

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Pensez-vous que les véhicules autonomes permettront à terme d'améliorer la sécurité routière et d'atteindre l'objectif « zéro accident mortel » ?

Je pense que si nous regardons où nous en sommes aujourd'hui, nous constatons que 1,3 million de personnes meurent chaque année dans des accidents de la route à l'échelle mondiale. Pour moi, ce chiffre est tout à fait inacceptable. Les gouvernements se sont donc engagés dans la mission « zéro accident mortel ». La conduite autonome de niveau 2+ dont nous avons parlé pour les voitures particulières comprend des capteurs supplémentaires pour une meilleure détection. Le conducteur humain sera aidé à rester dans sa voie, à freiner en cas d'urgence et à voir des objets que l'œil humain pourrait ne pas remarquer. Ou encore, lorsque le conducteur est fatigué ou s'endort, des mesures de sécurité supplémentaires seront activées. Cela permettra déjà de réduire considérablement les risques sur les voitures particulières. Il en va de même pour les chauffeurs de camion dans les villes. Lorsqu'un camion tourne au coin d'une rue et qu'un cycliste se trouve dans une zone qui n'est pas visible pour le conducteur. Les capteurs apporteront leur aide et pourront réagir, déclencher un freinage d'urgence et sauver de nombreuses vies. C'est pourquoi la technologie de conduite autonome, même si le chemin vers l'autonomie est encore long, nous mène vers l'objectif de zéro décès dans la mesure du possible. Il s'agit donc d'un facteur de différenciation très important qui permettra de sauver de nombreuses vies. 

 

 

Avez-vous apprécié cet entretien ? Lire l'article de référence.
Un ingénieur fait fonctionner des cobots dans une usine.
Une progression plus lente - mais plus sûre - vers les véhicules autonomes

Dans la course aux véhicules autonomes, il est inutile de savoir quel type de véhicule l'emporte (voitures particulières, camions de flotte ou robotaxis). Ce qui compte, c'est que nous adoptions, en tant qu'industrie, une approche holistique du développement de l'autonomie qui tienne compte de la durabilité et de la sécurité routière dans une optique zéro décès.

Atteindre le cinquième niveau d'automatisation dans les voitures implique de relever des défis qui n'avaient pas été envisagés au départ. Découvrez-les.